Culture

"Ombres et Lumières" au Festival de Martil

Par: Hind SEMLALI  

DOCUMENTAIRE « Ombres et Lumières », un documentaire de 56 minutes réalisé par Mohammed Marouazi ("Ali, Rabiâa et les autres", "Les amies d’hier", "Mémoire en détention") sur les ksars du sud du Maroc sera présenté au Festival de Martil en juin. Il nous emmène dans les ruelles ensablées du Sud et entre les murs de ces anciennes demeures laissées à l'abandon.

Made in Tanger : D'où vous vient l'idée de ce documentaire ?
Mohammed Marouazi : A vrai dire, je n'ai jamais prévu ni planifié ce projet. L'idée m'est venue quand j'ai rencontré sur place un personnage intéressant « La3far » c'est son nom, est l'un des habitants qui m'a servi de guide et d'hôte. Ce modeste Sahraoui habite le « Palais Hassani », l'un des multiples ksars qui tombent en ruine sous les yeux impuissant des locaux. Au moment où on a commencé à me faire visiter, j'ai eu l'idée de faire un tournage à ce sujet et recueillir les impressions et aussi le ressenti des habitants.

Made in Tanger : Comment font les locaux au quotidien pour gérer ce problème de restauration?
Mohammed Marouazi :
Ils ne gèrent pas, enfin ils n'ont en pas les moyens! L'un d'eux essaye par lui même de restaurer petit à petit les murs de sa demeure mais comme il dit c'est peine perdue. Il faut du matériel et surtout des professionnels. Nous on essaye juste d'éviter que nos enfants soient blessés si un mur s'écroule.
Ces Ksars sont un patrimoine culturel et même touristique qui se perd. Ce sont ces murs qui peuvent nous raconter leurs histoires au fil du temps, quand la mémoire humaine flanche. Je reviens encore à « La3far » qui me confie que son souhait est de revivre ses 17 ans lorsque les palais étaient en bon état, vivants et qu'il pouvait en faire le tour. Si ces Ksars ne sont plus que des ruines, c'est notre faute à tous !

Made in Tanger : Quel est le message que vous voulez faire passer par ce reportage ?
Mohammed Marouazi :
L'importance de ces palais dans la vie des sahraouis et aider au rapprochement des gens du Sud et Sud-Est qui vivent vraiment dans des condition difficiles.

Made in Tanger : Après « Ombres et Lumières », vous avez d'autres projets en tant que réalisateur ?
Mohammed Marouazi :
Je n'ai jamais cherché à faire de la réalisation, les choses sont venues naturellement. Je travaille actuellement sur un nouveau projet sur les esclaves et les « Haratines » comme on les appelle au Sud, ça fait partie aussi de notre patrimoine.

-> Retrouvez toutes les informations sur le Festival de Martil sur l'agenda de Made In Tanger.

Interview Hind Semlali
Photo Karim Ramzi