Lieu, Culture

Le Théâtre Cervantès : en ruine pour son centenaire

Par: Julien ANTINOFF  

LIEU Joyau architectural et culturel, le théâtre Cervantès est aujourd’hui laissé à l’abandon. Le 12 décembre 2013, nous fêterons les 100 ans de son inauguration, même si depuis bien longtemps, il ne s’y passe plus rien.

100 ans, un siècle de vie, pour un théâtre, c’est une date historique. Pourtant, de théâtre, Cervantès n’en a plus que le nom. Construit en 1911 par l’architecte espagnol Diego Giménez et inauguré deux ans plus tard, l’endroit devient un des hauts lieux de la culture tangéroise et du monde arabe. Les stars de l’époque, le ténor Antonio Caruso, ou le baryton Tito Ruffo s’y produisent, on y joue également Othello ou Roméo et Juliette, devant 1 400 spectateurs, la capacité totale de la salle. De nombreuses manifestations antifranquistes y sont aussi organisées. Les propriétaires Manuel Peña et sa femme Esperanza Orellana cèdent à l’Espagne, en 1928, le Cervantès. Aujourd’hui l’État espagnol en est toujours propriétaire, mais il le loue à la municipalité de la ville pour un dirham symbolique. 

Peu à peu, l’intérêt pour le Grand Theatro Cervantes s’amenuise jusqu’à sa fermeture en 1962. Il est converti en salle de catch puis en cinéma. Les années passent et le lieu défraîchit. Il est victime du temps, des pillages, des intempéries...

Un avenir ?
Dans les années 90, les espagnols réfléchissent à le restaurer, mais devant la somme de cinq millions d’euros nécessaires, ils abandonnent le projet. Seuls l'étanchéité de la terrasse et l’étayage du bâtiment pour lutter contre la détérioration, sont effectués. Des associations tentent de relancer le processus et militent pour la sauvegarde de ce patrimoine. Début mars, le consul général d’Espagne et le maire de la Ville Blanche se sont rencontrés pour discuter du Cervantès. 
Il n’en est rien ressorti, mais pour ceux qui souhaitent visiter ce théâtre historique, c’est possible contre une poignée de dirhams. 

Texte Julien Antinoff

Photo DR